Quand une marque iconique de la culture américaine se fait racheter par un groupe japonais…

Dans mon précédent article, j’évoquais l’intérêt de cultiver ou de développer la dimension culturelle des marques. En début de semaine, une brand news nous a offert un autre éclairage sur la question. La « cultissime » marque américaine Jim Beam (qui est un peu au Bourbon et aux spiritueux ce que Budweiser est à la bière) a été rachetée, pour la bagatelle de 16 milliards de dollars, par le groupe agroalimentaire japonais Suntory (notamment propriétaire des marques Orangina et Schweppes).

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Tandis que l’opération a été largement saluée à Wall Street, où l’action Jim Beam a bondi de 24 % le jour de l’annonce, celle-ci a été accueillie plutôt fraîchement par le grand public américain. Et c’est sur les réseaux sociaux, bien sûr, que l’émotion a été la plus vive : « Je me sens totalement trahi ! » écrit notamment un fan sur le mur Facebook de Jim Beam. « A partir de maintenant, je deviens officiellement un client de Jack Daniels »… Au-delà de l’expression d’un patriotisme économique piqué à vif et de la hantise d’une fin de l’hégémonie américaine, nombreux sont les commentaires d’internautes s’interrogeant sur le devenir de ce « pan de l’identité américaine que Jim Beam incarnait depuis plus de 100 ans »…

Sur son site web, le New Yorker relate ces diverses inquiétudes et les problématiques posées par le rachat de marques symboles de la culture US (=> lire ici l’article Jim Beam et le devenir des marques américaines). 

Les atouts d’une marque et d’un branding « bien distillés »…

Pourtant, aussi naturelles soient-elles, il faut souligner combien ces réactions et craintes identitaires sont (en grande partie) irrationnelles. Car l’expérience et de nombreux précédents le prouvent (cf par exemple le rachat de la marque anglaise Jaguar par l’Indien Tata Motors) : plus la dimension culturelle d’une marque est affirmée, ses références et codes ancrés dans l’imaginaire de ses publics… moins son acquéreur, quel qu’il soit, aura intérêt à toucher à son identité et à modifier ce qui fait « l’alchimie du breuvage » de la marque.

Tout autant qu’un potentiel de croissance et des résultats financiers prévisibles, c’est un capital immatériel à forte valeur ajoutée et donc un potentiel de développement que l’acquéreur s’approprie avec une marque premium. Et le plus souvent, loin d’amputer quoi que ce soit à ses implantations, ses moyens de production ou son branding, celui-ci lui offre des débouchés intéressants à l’international ou des capacités d’investissement inédites pour se développer.

Ainsi, comme d’autres fleurons nationaux acquis par des groupes étrangers cette année (Smithfield Foods par le chinois Shuanghui ou dans une moindre mesure les mobiles de Nokia par Microsoft…) l’achat de Jim Beam par Suntory ne devrait pas être fondamentalement préjudiciable à son identité.

Autres exemples de ces rachats opérés sans que cela ne nuisent aux marques concernées, ni à leur image, voici 10 marques so French… qui ne sont plus Françaises en fait :

10 marques so French

 

Crédit photo : Jim Beam / Flickr CreativeCommons

Pourquoi les marques ont intérêt à soigner leur dimension culturelle…

Depuis une bonne dizaine d’année, on a enfin compris que les marques étaient bien plus que de simples agents économiques. La plupart d’entre elles sont devenues (ou sont en en passe de devenir) des médias, qui créent et diffusent largement leurs propres contenus. Acceptant de sortir d’une posture purement commerciale et de ne plus limiter leur communication à l’univocité des messages publicitaires, elles s’approprient progressivement tous les atouts des médias. Leur influence et leur rayonnement nouveaux auprès des communautés qu’elles animent contribuent ainsi à enrichir et renforcer leurs relations avec leurs différents publics (collaborateurs, clients, prospects, autres parties prenantes…).

Pourtant, comme Daniel Bô et Raphaël Lellouche s’emploient à le démontrer dans leur ouvrage Brand culture, Développer le potentiel culturel des marques (Editions Dunod, avril 2013), le contenu n’est pas le roi qu’on imagine et la production de brand content n’est pas une fin en soi. Les contenus ont en effet pour principale vertu « d’instaurer un univers auquel le consommateur adhère et s’identifie, mobilisable dans tous les points de contact de la marque (magasins, expositions, réseaux sociaux, médias privés, etc.) ». Ce faisant, ces branded contents sont souvent l’occasion de révéler au public un patrimoine, des savoir faire, une histoire… qui témoignent de la richesse culturelle de la marque.

Les 3 degrés de maturité dans la communication des marques

Ainsi, comme le précise Jean-Marie Dru, Président de TBWA Worldwide, « l’objectif ultime d’une politique de contenu doit être le développement d’une stratégie culturelle riche de sens« . Hors de ce chemin, point de salut à long terme pour les marques. Car la brand culture ne permet pas seulement de fidéliser collaborateurs et consommateurs, elle les transforme en ambassadeurs des valeurs et des produits de l’entreprise. En résumé, la dimension culturelle des marques fait vendre ! C’est le cercle vertueux que Daniel Bô et Raphaël Lellouche décrivent en détail dans leur excellent ouvrage, et qui a fait le succès des marques aussi « cultes que culturelles » que sont Apple, Procter and Gamble, Michelin, Danone ou L’Oréal, pour n’en citer que quelques-unes*.

Dans le tableau synthétique ci-dessous, Daniel Bô résume parfaitement les 3 degrés de maturité des marques, et les enjeux correspondants en terme de posture, de communication et de relation à leurs différents publics :

img0021/ Au stade de la « marque commerciale », l’entreprise reste en quelque sorte « enfermée » dans son statut d’agent économique ; 2/ En se transformant en média et en plate-forme éditoriale, la marque élargit son périmètre et s’adresse à des « consommateurs de contenus » à même d’identifier ses valeurs spécifiques ; 3/ enfin la marque devient un « agent culturel », un acteur susceptible d’influencer durablement la société de par la multiplicité de ses modalités d’expression et communications et par la richesse des perceptions qu’elle génère.

 

* Parmi les marques culturelles, de par la richesse de leurs modalités d’expression et leur interaction avec la société, on peut aussi citer un grand nombre de marques de luxe françaises et étrangères, qui ont su intégrer dans leurs offres et leur communication une importante dimension culturelle.

Source du tableau : Daniel Bô – Brand culture / Développer le potentiel culturel des marques (Editions Dunod, avril 2013)

En 2014, tout le monde se lève pour la Marque France ?

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On en a eu la confirmation la semaine dernière : le slogan, la charte graphique et la signature fédératrice de la Marque France seront dévoilés d’ici un mois (voir ici l’article du Monde à ce sujet). Ce sera l’aboutissement, en tout cas le résultat le plus tangible, d’une démarche entamée il y a pratiquement un an avec le lancement de la « Mission Marque France » dont la Présidence avait été confiée au publicitaire Philippe Lentschener.

Cette Marque France, appelée de leurs vœux par 9 Français sur 10 (source TNS Sofrès), permettra-t-elle à notre pays de partir à la conquête du monde et de booster notre « compétitivité hors prix », conformément aux objectifs énoncés initialement ? On ne peut que le souhaiter, tant notre économie en a besoin. Je rappelle que j’ai toujours été convaincu, pour ma part, de la nécessité de doter notre pays d’une marque performante (voir à ce sujet mes précédents posts : ici et ici).

… Pour autant, peut-on dire que travail préalable à la présentation de la Marque France a été mené de manière optimale ? Sauf tout le respect que je dois aux éminents experts de la Mission (dont l’excellent Robert Zarader) et en dépit de mon enthousiasme initial, je n’en suis pas convaincu… La communication plutôt « faiblarde » dans les étapes amont du projet et la conception au final assez descendante (certains diront « jacobine ») de ce nation branding n’ont pas permis d’associer nos concitoyens autant qu’on aurait pu le souhaiter à la réflexion et à la « concertation » annoncées. Un premier rendez-vous en partie manqué avant la présentation des éléments de langage et la livraison graphique du mois prochain…

Une communication « homéopathique » et une consultation qui a fait pschitt…

Ceux qui s’attendaient, après la lecture du pré-rapport sur la marque France, à une consultation d’ampleur et à une large concertation dans le cadre de la construction de notre marque nationale en auront été pour leur frais, tant la réflexion semble au final avoir été « cadrée ». La « grande consultation » du public et des « forces vives » qui aurait du permettre aux Français de s’approprier le projet marque France a été si faiblement relayée (en plein cœur de l’été 2013, sans aucune campagne de communication ou presque) qu’à peine 800 personnes (dont votre serviteur) ont pu s’exprimer à cette occasion sur le récit économique et les recommandations émises.

La restitution de cette consultation, elle-même lapidaire et validant bien sûr la plupart des recommandations du pré-rapport publié au mois de juin, a été mise en ligne courant décembre sur le site de la Marque France (voir ici)… Pas vraiment à la hauteur de la marque d’intérêt manifestée par les répondants. Si on ajoute à cette « déception » le quasi black-out des différents intervenants sur l’avancée de leur travaux (depuis février 2013, les prises de parole à ce sujet se comptent sur les doigts d’une main), on est loin du grand frémissement escompté. Idem sur les réseaux sociaux, où la thématique #MarqueFrance est loin d’avoir fait recette l’an dernier, et pour cause…

Une réflexion et des recommandations trop « ficelées » ?

Certes, pour qui a l’expérience des démarches de branding, il est évident qu’on ne saurait concevoir la marque pays avec 65 millions de Français. La concertation a des limites. Force est pourtant de constater que les représentants de plusieurs institutions se sont émus dès le mois d’octobre de ne pas avoir été associés à la consultation initiale. A la lecture du pré-rapport, les représentants des plus grandes marques territoriales Françaises, en particulier, ont en effet exprimé leur inquiétude de voir prochainement leurs marques « vampirisées » ou subordonnées à la future marque pays, et leur étonnement de n’avoir été conviés aux échanges en amont avec les experts de la Mission Marque France (voir ici l’article à ce sujet).

De même est-il impossible, dès lors qu’on s’y intéresse, de trouver la moindre indication concernant la « cinquantaine d’experts et de personnalités » rencontrés par les membres de la Mission durant la phase de consultation initiale. Idem pour la trentaine de « personnes de publics avertis » rencontrées cet automne par TNS Sofrès dans le cadre de l’étude commandée par la Mission Marque France. La part des experts et autres représentants des « milieux autorisés » semblent décidément avoir été prépondérante dans la construction de cette marque « un peu trop ficelée »…

« On voulait faire pour le mieux, mais finalement on a fait comme d’habitude »

L’échange et le désir de concertation ne de décrètent pas. Ils réclament aussi des moyens et des délais qui ont sans doute fait défaut aux membres de la Mission Marque France, pour pouvoir mener comme ils l’auraient souhaité leurs travaux. Pour reprendre la citation de Viktor Tchernomyrdine (ci-dessus), les tropismes l’ont sans doute encore emporté sur une conception plus collaborative / ouverte du travail de la marque.

Ces réserves formulées, demeurons constructifs : je serai évidemment le premier à promouvoir cette Marque France, dont notre pays a besoin et à applaudir à son succès dès que celle-ci sera en mesure de faire décoller notre compétitivité. Si l’adhésion des Français à leur marque pays est assurément une des conditions de sa réussite, pas question de rester en retrait sur cette belle initiative… Cela n’empêche pas de rester lucide sur les petits « couacs » propres à toute phase de conception, bien entendu ;-)

Crédit photo : 123RF / TheBrandNewsBlog

10 blogs marketing / communication pour bien commencer 2014…

Première bonne résolution des marketeurs et communicants en 2014 : commencer l’année par de saines lectures. Voici donc une shortlist de blogs à la fois « inspirés et inspirants », pour vous aider à bien démarrer ce nouveau millésime et surmonter les syndromes éventuels de lassitude saisonnière… Hommage soit rendu aux auteurs de ces sites, dont les contenus font honneur à la blogosphère et alimentent régulièrement mes propres réflexions et ma veille sur Scoopit.

Je précise qu’il s’agit là de choix éminemment subjectifs et que cette liste est « short », donc très restrictive au regard de la luxuriance de ressources et de blogs existants consacrés à ces thématiques. Certains de ces sites vous seront déjà connus, d’autres moins… N’hésitez pas à me faire part de votre avis et à me signaler les autres blogs intéressants (je ne demande qu’à allonger une prochaine liste ;-).

… Et d’ici là, meilleurs voeux aux blogueurs et très bonne année 2014 à mes lecteurs !

>> Le blog du communicant 2.0 (www.leblogducommunicant2-0.com)

Journaliste de formation, Olivier Cimelière a exercé durant plus de 20 ans d’importantes responsabilités au sein des équipes communication de groupes internationaux tels que Nestlé Waters, Ericsson, Google, Boehringer Ingelheim et Ipsos. Passionné par les bouleversements que le numérique engendre sur la communication des entreprises et des organisations*, il se définit lui-même comme un passionné, avant tout désireux de partager autour de ses sujets de prédilection, plutôt que comme un « gourou » de la com’ pétri de convictions inébranlables. Riche, régulièrement alimenté en articles de fond bien écrits et très documentés sur l’actualité et les pratiques de communication, son blog est à savourer sans modération…

>> Superception (www.superception.fr)

Directeur de la communication du Groupe DCNS, après avoir exercé chez Alcatel et Microsoft, Christophe Lachnitt est un blogueur talentueux, inspiré… et infatigable. Passionné par les nouvelles technologies, l’avenir de la presse, les neurosciences, l’alpinisme et les Etats-Unis (entre autres), il délivre, avec la régularité d’un métronome, au moins un article par jour sur l’une ou l’autre de ces thématiques. Ses posts, écrits dans une prose alerte et fluide (et dont une bonne partie sont aussi disponibles en anglais sur le site), offrent toujours un angle original et intéressant sur l’actualité et les sujets traités. Quant au concept du blog, centré sur les enjeux de perception justement, Christophe ne s’en éloigne jamais vraiment : une autre bonne raison d’aller voir ce qui se passe quotidiennement sur Superception.fr…

>> Le Sens du client (www.sensduclient.blogspot.fr)

Directeur associé de l’Académie du service, groupe de formation et de conseil aux entreprises en matière de service et de relation client, Thierry Spencer impulse le Sens du client, « blog des professionnels de la relation client et du marketing client » depuis plus de 8 ans. Une belle longévité dans la blogosphère. Ce site est une « petite perle » pour les marketeurs, communicants et tous ceux qui s’intéressent à la relation clients (ce qui aux dernières nouvelles devrait faire beaucoup de monde ;-). Les sujets : attentes des consommateurs, recommandation et prescription, bonnes et mauvaises pratiques de la relation et l’expérience client, coups de cœur, coups de gueule et mises en perspective… Bref, un blog à la fois riche et intéressant, qui s’appuie de surcroît sur les témoignages éclairants de nombreux professionnels. Le Sens du client a le souci du lecteur : un bon signe !

>> L’idée qui tue ! (www.nicolasbordas.fr)

Faut-il encore présenter Nicolas Bordas ? Allez : Vice-Président de TBWA\Europe et Président du réseau BEING Worldwide, Président de l’AACC et chroniqueur sur I-Télé notamment, on peut dire c’est un « VIP de la communication », au bon sens du terme. D’origines auvergnates, comme votre serviteur, son blog plein de générosité reprend le concept de son ouvrage paru en 2009 aux Editions Eyrolles : L’idée qui tue ! : Politique, business, culture… Les secrets des idées qui durent. Il y aborde aussi bien l’actualité de la com’ que les dernières sorties de livres et de films, les innovations en matière graphique ou de design… Bref, un vade-mecum éclectique pour humer l’air du temps et flairer, avec recul et intelligence, les dernières tendances.

>> Darkplanneur (www.darkplanneur.com)

La « Cabinet Digital de Curiosité » d’Eric Briones et Thomas Mondo (aka « Darplanneur ») est devenu une véritable institution sur la toile… sans avoir pris une ride. Les deux auteurs, qui œuvrent par ailleurs au planning stratégique de l’agence Publicis et nous, y traitent depuis 2005 (déjà !) d’une large palette de sujets d’actualité, touchant l’art, les médias, le luxe, l’industrie de l’entertainment ainsi que le marketing et la communication (sans oublier le digital, bien entendu). Au chapitre « Darketing » et branding en l’occurrence, je recommande chaudement les interviews vidéos de Daniel Bô, Jean-Noël Kapferer, Benoît Héry et Monique Wahlen, respectivement auteurs de Brand culture, développer le potentiel culturel des marques ; Ré-inventer les marques et De la marque au branding, trois bons ouvrages parus en 2013.

>> Le blog de Franck La Pinta (www.francklapinta.com)

Responsable de la Stratégie Digitale et de la Communication Externe RH chez Société Générale, Franck La Pinta traite sur son blog de marque employeur, recrutement et présence numérique des entreprises, mais également de communication au sens large. Le « marketing RH » dont il nous livre les secrets et auquel il a consacré récemment un ouvrage**, n’a rien à envier, en terme de complexité des enjeux et des objectifs, aux disciplines plus traditionnelles de la mercatique. Il s’agit en l’occurrence de saisir les opportunités offertes par le digital et les médias sociaux pour renforcer l’attractivité des employeurs, donner du sens à leur « marque », favoriser le bien-être et la motivation des collaborateurs en faisant évoluer, au bénéfice de tous, le « contrat social » qui lie les uns aux autres. Pour ce qui est du ton du blog, les articles sont volontiers « décalés » et l’auteur vise juste ! Bref, un régal de lecture et une ressource à découvrir urgemment si ce n’est déjà fait !

>> Le blog de Marc Thébault (http://thebaultmarc.expertpublic.fr)

Expert en communication publique (avec une majuscule à « Expert »), Marc Thébault est aujourd’hui Directeur de la communication de Caen la mer, après avoir été dircom’ des mairies d’Issy-les-Moulineaux et de Saint-Etienne, puis de Saint-Etienne Métropole. Auteur de nombreux ouvrages de référence en matière de com’ publique et de marketing territorial, j’apprécie beaucoup son blog qui est à la fois dense, didactique et réellement dédié à ses lecteurs. Peu de blogueurs ont ainsi l’idée de proposer un « guide de lecture » pour faciliter l’accès à leur contenu ou une bibliographie (« biblidéale ») aussi complète… Un vrai trésor pour étudiants en communication, futurs responsables de com’ publique ou communicants plus confirmés. Avec une bonne dose d’humour en prime, ce qui ne gâte rien.

>> My Digital Luxury Galaxy (www.mydigitalluxurygalaxy.com)

Dernier né des blogs de cette shortlist (puisqu’il a tout juste 4 mois, comme le BrandNewsBlog), My Digital Luxury Galaxy est le rejeton numérique prometteur de Raphaël Malka et Stéphanie Mézin, tous deux fraîchement diplômés d’un Master en Marketing International du Luxe à l’ISTEC (Ecole Supérieure de Commerce et de Marketing). C’est frais, bien écrit et pointu, puisque cet astronef piloté à quatre mains traite précisément de la stratégie digitale et de la présence numérique et « sociale » des marques de luxe, dont la plupart sont particulièrement actives dans ces domaines. Les expériences digitales les plus récentes proposées à leurs clients et fans par les grandes marques françaises ou étrangères sont détaillées par le menu et « avec style ». Une belle promesse avancée et tenue par ce blog spécialisé : n’hésitez pas à y aller voir.

>> Tom Fishburne / Marketoonist (www.tomfishburne.com)

On m’objectera peut-être que ce site n’est pas un véritable blog ou qu’il est trop clairement commercial ? Je le glisse néanmoins sans hésitation dans ma bloglist, en conseillant d’aller d’urgence y faire un tour si vous ne le connaissez pas. Si « un dessin vaut mieux que de longs discours », alors le blog de Tom Fishburne, offre sans doute l’équivalent, en terme d’enseignement marketing, du Mercator tout entier ! Les illustrations de ce célèbre illustrateur de la presse américaine sont si bien vues qu’on en oublierait parfois de lire les articles qui les accompagnent, pourtant frappés au coin du bon sens eux aussi. Aveuglement technologique, myopie commerciale ou marketing, manque de sens stratégique… les travers des professionnels sont moqués avec talent. Drôle et (redoutablement) efficace.  

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>> Le blog de Christophe Ginisty (www.ginisty.com)

Fondateur et DG de l’agence Rumeur Publique, puis DG d’Edelman, Christophe Ginisty a créé en 2013 une nouvelle structure, Open Agency. Professionnel des relations publiques, de l’influence en ligne et de la com’ de crise, il est l’initiateur de la conférence Reputation War, dont la première édition s’est tenue avec succès à Paris en janvier 2013. Sur son blog, dont il a tenu différentes versions depuis 2004, Christophe Ginisty parle de sujets de société, de citoyenneté et de « web-diversité », mais également de communication, de médias sociaux et de réputation bien sûr. Et c’est sans doute de cette diversité et de cette transversalité que le blog tire sa richesse et son intérêt.

 

* Sur ce sujet, Olivier est  l’auteur de l’ouvrage « Managers, parlez numérique et boostez votre communication » sorti récemment aux Editions Kawa, que je recommande chaudement.

** Le marketing RH : digital, marque employeur et médias sociaux, par Franck La Pinta et Vincent Berthelot aux Editions Focus RH, octobre 2013.

(Crédit photo : 123RF, Marketoonist.com, TheBrandNewsBlog)

Une année de branding et de réputation #2 : ces autres marques qui ont fait le (bad) buzz en 2013…

Ryanair CEO Michael O'Leary poses for ph

Hormis Abercrombie & Fitch, dont j’ai parlé récemment (voir ici mon post à ce sujet), de nombreuses marques ont suscité des bad buzz en 2013… Pour n’en citer que quelques-unes : Ryanair (voir ici), Spanghero (voir ici), FedEx (voir ici), GoldenCorral (voir ici), Décathlon (voir ici), ou encore la Caisse d’épargne Auvergne-Limousin (voir ici)…

Les conséquences en ont été diverses : de l’entreprise en situation de crise aiguë, contrainte de déposer le bilan (Spanghero) à celles dont le community manager a « simplement » du passer un mauvais quart d’heure, chacune a assumé à la hauteur de ses errements…

Néanmoins, à la lueur des conseils prodigués depuis plusieurs années par les experts en communication de crise et e-réputation, trois leçons peuvent être tirées des mésaventures survenues à certaines de ces marques :

1/ Les médias sociaux ne sont pas un terrain de jeu pour community managers en mal de sensations. La légèreté de certains CM (juniors ?) œuvrant en « électrons libres » et prêts à tout pour créer le buzz peut s’avérer hautement préjudiciable pour l’image de leur employeur (ex. Caisse d’épargne Auvergne-Limousin et à un degré moindre lipdub Décathlon, même si cette marque s’est bien rattrapée par la suite en assumant le buzz avec humour).

2/ Tout buzz n’est pas bon à prendre et ne grandit pas nécessairement l’e-réputation de l’entreprise. Ainsi, les opérations « capillotractées » ou de mauvais goût concoctées par certaines agences pour Carambar et Cuisinella par exemple, ont bien failli tourner au fiasco. Et une fois surfé sur le buzz artificiellement généré, pas sûr que le résultat en terme d’image ait correspondu in fine aux objectifs initiaux recherchés par ces marques…

3/ Mieux vaut apprendre des erreurs des autres. Combien d’entreprises ont encore été victimes cette année de l’effet Streisand*, par exemple ? Trop, assurément. Le résultat le plus calamiteux (et un point de non retour en terme d’image) a clairement été atteint dans ce registre par Ryanair, qui, après avoir voulu faire disparaître les pages Facebook et Twitter de certains de ses pilotes, a commis ensuite de nombreuses bourdes, avant de se distinguer en s’attaquant à la presse (=> voir à ce sujet le bon article d’Olivier Cimelière).

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Hors, sur le web, non seulement les règles spécifiques concernant l’e-réputation sont à respecter, mais beaucoup de celles concernant la communication de crise restent valables (nécessité de définir et anticiper les risques, d’identifier et « nourrir » des alliés…) pour que la marque soit en état de se défendre (ou d’être défendue) en cas de problème.

Hélas pour elles, beaucoup d’entreprises n’avaient pas encore retenu ce genre de leçons en 2013, manifestement… Peut-être en 2014 ?

 

* L’effet Streisand : pour mémoire, en 2003, Barbra Streisand décida d’attaquer en justice un photographe qui avait pris une photographie aérienne de sa villa californienne. L’actrice voulait alors limiter la diffusion des clichés en questions mais obtint l’effet inverse : son action en justice apporta une publicité considérable au photographe et à sa photographie, qui se retrouva dupliquée sur le web des centaines de milliers de fois. Ce phénomène sur Internet désigne aujourd’hui, plus largement, toute tentative de cacher ou faire retirer des contenus du web… qui a tendance à produire le même effet : une prolifération rapide du contenu en question.

(Crédit photo : Ryanair, X, DR)